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Expérience d’une chercheuse québécoise au Centre for Exploration Targeting en Australie 

27 août 2020
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Par Lizhen Cheng, professeure à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Collaboratrice spéciale à l’Institut national des mines

Fondé en 2005, le Centre for Exploration Targeting (CET) regroupe les universités Western Australia et de Curtin, le gouvernement de l'Australie-Occidentale ainsi que quelques dizaines de compagnies en exploration minière. Au fil des années, l’organisation a développé une imposante collaboration internationale avec des universités et des centres de recherche gouvernementaux en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Il s’agit d’un centre de recherche dynamique, bien organisé, ambitieux et créatif. Leur volonté est de mettre en place de nouvelles idées dans un temps relativement rapidement.  L’une de leur force est de regrouper les différents intervenants, quel que soit leur organisation, par domaine de recherche, tels que géologie structurale, géophysique, système de minéralisation, modélisation 3D, informatique et plaque tectonique. Les responsables de chaque domaine s’occupent de la création (ou conception) et de la mise en œuvre des initiatives de recherche et de la supervision des étudiantes et des étudiants et donnent leurs avis sur l'orientation scientifique stratégique du CET.

Visant un bénéfice mutuel entre les institutions comprenant les établissements d’enseignement et les centres de recherche, cette collaboration nationale et internationale du CET offre l’opportunité aux universités australiennes d’améliorer leur compétitivité à l’échelle mondiale. Pour se distinguer de la recherche fondamentale, les recherches de CET s'adressent aux problèmes auxquels sont confrontés les industries de l'exploration et des mines. L’organisation a développé un modèle commercial efficace en reposant son succès sur les avancées appliquées dans l'industrie minière. Ce dernier est similaire à l’objectif de l’Institut de recherche en mine et en environnement (IRME) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Cependant, leur collaboration est beaucoup plus large et teintée d’une vision très ambitieuse : "Our vision is to be recognised as the global leader in research excellence, innovation and education in mineral exploration".

L’équipe du professeur Mark Jessell du CET, l’un des acteurs importants dans plusieurs projets australiens internationaux, est centrée sur le développement d’une nouvelle génération d'outils de modélisation géologique 3D. Professeur Jessell est le créateur d’un logiciel interactif nommé Noddy permettant de mieux visualiser l’histoire géologique complexe comme une succession d'événements structurels, sédimentaires et ignés. En se basant sur Noddy, les apprenantes et les apprenants peuvent comprendre l’évolution dans le temps d’un phénomène géologique, et tout le processus pour arriver à la formation géologique d’aujourd’hui. Les chercheurs du CET sont d’ailleurs en train de développer un système d’intelligence artificielle afin de reconstruire automatiquement une séquence de la géologie structurale en 3D à partir des images issues d’observations de satellites et de la géophysique. Cet outil pédagogique est attrayant pour les étudiantes et les étudiants du programme. Il s’agit d’un outil open source, utilisé pour comprendre un environnement géologique simple. Malgré cet engouement pour ce nouvel outil, il demeure cependant difficilement applicable au Québec puisque l’évolution géologique est différente.


Rendre attrayant les outils pédagogiques

La nouvelle génération d’apprenantes et d’apprenants sont attirés par ce type de nouvelle technologique, mais recherche cependant un sens à leur apprentissage et aux divers outils pédagogiques utilisés. D’ailleurs, il semble essentiel de démontrer à ses étudiantes et ses étudiants la pertinence de l’utilisation de ses nouveaux outils et aussi leur faire comprendre son application.

En tant que chercheuse à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), j’ai eu la chance de réaliser un séjour exploratoire de 5 mois en Australie dans la dernière année et découvrir le dynamisme qui caractérise le CET situé à University of Western Australia à Perth. La passion des chercheuses et des chercheurs, leur ouverture d’esprit, leur efficacité et leur rigueur sont inspirants. Grâce à cette expérience, une nouvelle collaboration entre l’Institut de recherche en mine et en environnement (IRME) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l’équipe du professeur Jessell, dans le développement d’outils de modélisation 3D et d’interprétation de données multidisciplinaires est née.  J’ai pu également constater l’importance accordée à la rigueur dans les établissements d’enseignement du Québec notamment dans l’élaboration de ses programmes de recherche, mais je retiens aussi de mon séjour exploratoire, l’audace australienne, celle permettant de trouver des solutions applicables aux besoins de l’industrie minière actuelle et future et par conséquent, sa formation.

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