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Lyne Bisson, cofondatrice de l'Institut national des mines : les débuts de l'organisation et son évolution depuis 10 ans  

18 mars 2021
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Mme Lyne Bisson, cadre-conseil à l’Institut national des mines

Actuellement, cadre-conseil à l’INMQ, Mme Lyne Bisson tire sa vaste expérience professionnelle en gestion et en administration de ses années passées auprès de la direction générale de différents organismes des milieux municipal, scolaire et de la santé, en occupant les fonctions successives d’adjointe administrative, de secrétaire générale jusqu’à celles de cadre-conseil. Nouvellement retraitée en mai 2010, le mandat qui lui avait été offert était de mettre en place les éléments de base pour assurer un fonctionnement adéquat de l’administration interne d’un nouvel organisme. Ce qui ne devait durer que quelques mois au départ, a finalement duré un peu plus de 10 ans.

 

Parlez-nous des débuts de l’Institut national des mines. Quels étaient les défis rencontrés?

L’un des premiers défis était la logistique de nos bureaux. En fait, le PDG et moi avons fait du télétravail de la mi-juin jusqu’au début d’août 2010, car le bureau que nous allions partager, le PDG et moi, pendant la première année, n’était pas encore disponible. C’est avec des meubles empruntés, nos portables, nos cellulaires et nos crayons personnels que nous avons occupé notre local, puisque les fonds n’étaient pas encore libérés pour que nous puissions procéder à des achats d’équipements. Nous avions la chance que notre bureau soit situé dans un établissement scolaire et que celui-ci ait accepté de nous a apporté son soutien informatique et nous a également permis d’utiliser certains de leurs équipements. C’est ce qu’on appelle commencer par le commencement!

 

Comment se déroulaient les conseils d’administration ?

Au début de juillet 2010, mon premier mandat était celui de préparer la toute première séance du conseil d’administration avec des membres situés dans diverses régions du Québec et celle-ci devait se tenir le 28 septembre 2010, à Montréal. La qualité de la logistique : hôtel, salle, transport, repas et autres, faisait également partie de l’équation dans la réussite de cette rencontre en plus d’une grande rigueur envers la procédure légale de cette séance.

 

C’était un moment crucial pour l’Institut, puisque cette séance allait donner le ton pour la mise en place de l’Institut, et surtout la constitution d’un comité chargé de la rédaction du premier plan stratégique 2011-2016 à produire pour le 1er avril 2011. Chaque membre du conseil devait s’approprier son nouveau rôle pour définir la mission, les valeurs et les orientations qu’ils auraient à défendre et soutenir tout au long de leur mandat à l’Institut. Nous savions, qu’à l’époque, la création de l’Institut national des mines avait suscité plusieurs interrogations pendant le processus d’adoption de sa loi constitutive au gouvernement et que cette première séance allait offrir une occasion à chacun d’eux de témoigner des leurs inquiétudes ou leur appréhension. La pression était forte tant pour le PDG que pour moi et il n’y avait aucune place pour les faux pas!

 

Avec votre regard, dites-moi quelles sont les caractéristiques de la formation minière québécoise.

Dès les premiers mois, j’ai pu prendre conscience que c’est un monde très complexe et que le rôle de la formation minière pouvait être perçu très différemment de part et d’autre. Pour réaliser son mandat, l’Institut devait avant tout évaluer les besoins de l’industrie et les capacités à y répondre de la part des établissements d’enseignement et tenter de trouver une piste qui permettrait de bonifier l’offre de formation.

 

De plus, les besoins en termes de qualification de la main-d’œuvre de l’industrie minière sont en constante évolution. Le monde minier est tributaire de la valeur des métaux sur le marché, ce qui provoque des cycles miniers et, de ce fait, les besoins de main-d’œuvre fluctuent. Les mines roulent à un rythme très rapide que notre système d’éducation peine souvent à suivre. Par exemple, le temps que le ministère de l’Éducation crée ou modifie un programme de formation, qu’on puisse le mettre en place dans les établissements, que les apprenantes et les apprenants aient terminé cette formation, les besoins de compétences de la main-d’œuvre établis au début de ce processus peuvent avoir grandement changé. L’innovation technologique dans la formation est la figure de proue de l’Institut depuis 10 ans. Les derniers mois ont d’ailleurs appuyé le résultat de nos recherches sur l’adaptabilité de la formation par l’implantation de moyens technologiques pour offrir une formation minière flexible et plus accessible, notamment dans les contextes de formation continue.

 

Selon vous, quelle a été la plus grande réussite de l’Institut, son plus grand accomplissement de l’Institut ?

C’est indéniablement d’avoir réussi à se construire une notoriété et une réputation de leader dans la recherche sur la formation minière. Nous la devons entre autres à des PDG qui ont su être audacieux, novateurs et rigoureux envers les résultats des travaux de l’Institut, à une équipe compétente et à une concertation de tous les membres de notre conseil d’administration.

 

Selon vous, quelle est la plus grande publication de l’Institut?

C’est difficile de n’en nommer qu’une seule. Toutes les publications ont eu un rôle et des impacts différents, mais tout aussi importants. Notre mission n’est pas de publier, mais bien de faire des recherches qui seront publiées et crédibles, sans oublier la concrétisation de divers projets pilotes. Toutes nos recherches offrent un regard différent sur de multiples aspects de la formation.

 

Qu’est-ce qui distingue les publications de l’Institut?

Les publications de l’Institut c’est avant toute la rigueur des recherches sous-jacentes à leur rédaction et le haut niveau de compétence de son personnel et de ses collaborateurs externes qui offrent généreusement leur expertise dans le but de produire des documents de très grande qualité. Plusieurs d’entre elles [les publications] ont traversé les frontières du Québec et du Canada, puisqu’elles sont reprises par des gouvernements de pays européens ou africains. Les publications de l’Institut ont acquis une réputation internationale envieuse.

 

Pourquoi l’Institut représente-t-il une organisation novatrice selon vous?

À travers tous les travaux réalisés par l’Institut, on tente de dépasser les repères ou les normes actuelles et on se consacre à trouver des éléments différents qui n’existent pas encore ou qui existent à petite échelle et qui offrent un monde de possibilités. L’Institut fait preuve d’audace, d’ingéniosité et d’esprit d’initiative dans chacune de ses réalisations.

 

Qu’est-ce qui fait que l’Institut national des mines est un organisme unique de recherche?

La recherche en formation minière n’a jamais été explorée avant la création de l’Institut. De plus, le fruit de ses recherches est souvent exportable à d’autres secteurs économiques ou de formation.

La composition de son conseil d’administration contribue également à cette unicité. C’est le seul organisme qui réunit autour d’une même table des représentantes et des représentants des 3 niveaux d’enseignement [professionnel, collégial, universitaire], de 3 ministères [Éducation, Emploi, Ressources naturelles] en plus de l’entreprise privée. C’est un lieu de concertation unique où l’adhésion à la mission de l’Institut est soutenue sans réserve par tous ses membres.

 

Selon vous, quels seront les sujets de recherche et les attentes de l’Institut national des mines au cours des 10 prochaines années?

L’innovation technologique dans l’enseignement a fait un grand bond en 2020 et elle commence à peine à être explorée par les établissements et la révolution 4.0 de l’industrie minière n’a pas fini de réclamer de son personnel qu’il soit qualifié et compétent. Il y a encore de multiples facettes de l’enseignement qui n’ont pas encore été explorées ou expérimentées.

 

Les idées de projets pilotes sont nombreuses, mais la capacité d’une organisation de notre taille rencontre rapidement ses limites. Si l’Institut pouvait augmenter sa capacité, il pourrait ainsi répondre davantage aux multiples demandes provenant de l’international, plus particulièrement.

 

Que peut-on souhaiter pour l’Institut national des mines pour les prochaines années?

De poursuivre sur sa lancée qu’il a déjà amorcée vers l’innovation croissante de la formation minière et d’être reconnu comme un leader mondial pour avoir grandement contribué à l’évolution de cette formation au Québec et dans le monde.

 

Avez-vous d’autres éléments à mentionner dont il n’a pas été question?

Avec les années qui avancent, je quitterai l’Institut dans les prochaines semaines pour une vraie retraite cette fois-ci. Mais je n’ai aucun regret et je suis très fière de mes 10 années à l’Institut. Je souhaite ardemment que toutes les personnes qui me succéderont soient également aussi fières que je l'ai été de travailler dans cette belle équipe.

Mme Lyne Bisson, cadre-conseil à l’Institut national des mines
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